Editorial

Le Sepsis représente un défi mondial encore mal connu du grand public. Son incidence annuelle dans la plupart des pays est estimée à 300 pour 100000 habitants. La mortalité à court terme est de 15 à 30%. Elle atteint 50% à 1 an et même 80% à 5 ans. En outre, on estime que près d’un survivant sur deux va présenter des séquelles motrices et/ou cognitives. Les conséquences neuropsychologiques à long terme du Sepsis pourraient représenter un enjeu sans précédent pour les systèmes de santé en France comme ailleurs.
 

Malgré près de 3 décennies d’efforts - plus ou moins conjugués - des chercheurs académiques et industriels, les mécanismes par lesquels une infection sévère conduit à la perte aiguë de l’homéostasie, aux défaillances multiples d’organes, aux séquelles et finalement au décès, restent insuffisamment décrits. Subséquemment, les moyens thérapeutiques pour prévenir les séquelles et les décès restent très limités. De surcroît, les phénomènes de résistances microbiennes aux agents anti-infectieux peuvent venir compliquer encore plus le traitement du Sepsis.

 

La communauté scientifique redouble d’efforts depuis quelques années pour harmoniser la prise en charge des patients et pour éclairer les chercheurs sur les « chaînons » manquants dans la compréhension du Sepsis – c’est le sens de la Surviving Sepsis Campaign et du consortium, formé par l’European Society of Intensive Care Medicine et la Socity of Critical Care Medicine, qui a œuvré aux nouvelles définitions internationales du Sepsis en 2016.

 

 

La labélisation par F-CRIN – branche française de l’European Clinical Research Infrastructure Network – du réseau CRICS-TRIGGERSEP est un premier pas vers la mobilisation de financements publics pour la recherche sur le Sepsis.

La résolution adoptée par les délégués de l’Organisation Mondiale de la Santé, le 26 Mai 2017 à Genève, vise à améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement du Sepsis. Cela constitue une reconnaissance claire du Sepsis, au même titre que les phénomènes de résistance microbienne aux agents anti-infectieux, en tant que risque majeur de santé publique à l’échelle mondiale, qui devrait conduire à la concrétisation de cette mobilisation en faveur de la recherche sur le Sepsis.

 

Cette reconnaissance du Sepsis au-delà du « cercle » des chercheurs et des cliniciens spécialisés est aussi un levier majeur pour susciter un regain d’intérêt des partenaires industriels pour le développement de thérapies innovantes.

 

Ainsi, les membres de CRICS-TRIGGERSEP ont une responsabilité importante, celle de conforter les autorités françaises dans l’utilité publique de soutenir la recherche et d’accélérer la mise en œuvre de la résolution de l’OMS sur le Sepsis. Confiants dans la qualité et la synergie interne du réseau, nous avons la volonté d’intégrer le Sepsis dans l’aventure grandissante de la médecine personnalisée.

 

CRICS-TRIGGERSEP « Clinical Research in Intensive Care and Sepsis - TRIal Group for Global Evaluation and Research in SEPsis »

CIC1435 – CHU de Limoges

2 Avenue Martin Luther King – 87042 Limoges cedex - FRANCE
Contact : Anne CLAUZEL - Chef de projet - courriel - +33 2 18 37 08 99.